Une rencontre, une découverte, une double médiation. Depuis la nuit des temps l’homme vante les mérites de l’eau. En effet, nombreux sont les récits de la mythologie ou l’on décrit l’eau comme étant source, fécondité, instrument de purification, espace de vie ou de mort.
Par différents facteurs : chaleur, douceur, apesanteur…, l’eau devient un lieu privilégié pour explorer, expérimenter pour se confronter à la réalité physique et sociale. Mais ce lieu doit être avant tout un lieu de plaisir, du bien être rassurant et décontractant. Dans l’eau les interactions sont surtout médiées par des communications non verbales.
Si nous sommes attirés par l’eau ceci découle de notre mémoire phylogénétique, en quelque sorte à notre passé aquatique. Cela fait bien sûr référence au liquide amniotique dans lequel nous avons « baigné » pendant les neuf premiers mois de notre vie, et dont la composition serait semble t’il très proche de l’eau de mer diluée. D’ailleurs, cette sensation constante de l’eau autour du fœtus et sur sa peau, lui donne sa première impression de son corps et de son environnement immédiat.
Le seul contact de l’eau procure un plaisir indicible. Elle engendre par ailleurs un certain nombre de changements au niveau physiologique : le simple fait de flotter dans l’eau libère notre cerveau et notre système nerveux d’une grande partie du stress de la pesanteur, permettant ainsi à notre perception sensorielle de s’élargir. De plus l’eau provoque un état de relâchement des tensions musculaires, amenant l’individu à un état proche de la relaxation. De plus elle devient, grâce à l’apesanteur, un lieu dans lequel ceux qui ont des problèmes d’équilibre peuvent se déplacer avec beaucoup plus d’aisance.
Si l’eau possède des vertus thérapeutiques, elle a aussi des vertus éducatives. On découvre ainsi que l’eau qui surprend et sollicite tous les sens, est source d’expériences motrices et de confrontation entre l’imaginaire et la réalité. Elle permet également de prendre conscience de ses propres limites corporelles.
De cette façon c’est par le biais des perceptions physiques, sensorielles et émotionnelles que l’enfant se fabrique ses propres limites entre l’intérieur et l’extérieur et découvre la globalité et l’unité de son corps.
Enfin, on peut dire que dans une perspective éducative et thérapeutique, l’eau est un moyen d’élargir son champs d’action tant sur le plan moteur, intellectuel, qu’affectif, donc un moyen de se découvrir, de se reconnaître, de s’épanouir.
Dans leur culture médicale les autochtones nord Américain avaient pour habitude de se servir de totems d’animaux, et chaque animal représentait une qualité. C’est ainsi que le dauphin était symbole de vie. Par ailleurs, selon leur enseignement, le dauphin était le gardien du souffle sacré de vie, son totem servant à relâcher la tension émotionnelle.
Les dauphins, mammifères marins, appartiennent à la famille des odontocètes. Cette dernière regroupe six familles et plus d’une soixantaine d’espèces.
Les dauphins possèdent un rostre ou bec et mesurent de un mètre cinquante à neuf mètres. Ce sont des carnivores qui se nourrissent de poissons et de céphalopodes. Tout comme nous ils doivent respirer à l’air libre. Ils doivent régulièrement remonter à la surface, n’ayant pas de branchies, afin de s’oxygéner, se servant d’un orifice situé sur le sommet de leur tête et appelé évent.
Les dauphins ne sont pas pourvus de cordes vocales. La gamme de sons extrêmement variés qu’ils fournissent proviennent de leur système respiratoire. Chez les odontocètes on rencontre deux type d’émission : les sifflements (sons violents) employés comme communication ou causés par une émotion, et les clicks dits d’écholocation utilisés pour l’orientation. Leur fréquence varie de 0,2 à 200 kHz. La plupart ne sont donc pas audibles par l’homme puisque nous ne percevons aucun son au dessus de 20 kHz.
Comme l’homme, les cétacés sont pourvus de cinq sens. Leur ouïe est très développée. Le toucher l’est également : ils sont très sensible au contact, et les caresses sont très appréciées. Ils se servent d’ailleurs des contacts physiques pour communiquer. La vue et l’odorat sont les moins développés le dauphin utilisant de préférence son sonar. Leur vision est essentiellement monoculaire, quant à l’odorat, il est le plus souvent remplacé par l’écholocation.
Tout comme l’homme le dauphin dort, mais alors que l’homme respire de façon automatique lors de son sommeil, le dauphin, lui doit rester à demi éveillé puisque sa respiration est volontaire. Grâce à son cerveau qui se compose de deux hémisphères distincts et qui ne sont pas nécessairement dépendants, il pourra reposer une partie pendant que l’autre veillera à sa ventilation.
Enfin le dauphin est le seul mammifère à l’exception de l’homme qui a des relations sexuelles en face à face et qui peut le faire simplement par plaisir et non pas dans un but unique de reproduction. Enfin, le dauphin a une gestation placentaire vivipare à fécondation interne. La période étant pourtant plus longue que pour l’homme, puisqu’elle peut s’étendre de douze à dix-huit mois.
Alors serait-ce parce que le dauphin a de multiples similitudes avec l’homme, que ce dernier cherche depuis des décennies à mieux le connaître ? Toujours est-il que ce sont souvent les dauphins qui viennent vers l’homme afin de le secourir, bravant de nombreux dangers, et ainsi donc améliorer sa qualité et son mode de vie
Il ne fait aucun doute que le dauphin symbolisant la liberté, la vitalité, la joie de vivre, la grâce, la sérénité, possède le remarquable pouvoir de réjouir l’être humain. En effet le simple fait d’observer les dauphins qui bondissent et cabriolent pour s’amuser provoque le sourire ou encore les larmes, preuve parfaite du relâchement émotionnel et des sentiments refoulés.
Il semble également que les sons que le dauphin émet, soient d’une grande intensité et d’une grande douceur, ce qui permet de relâcher les tensions permettant de se sentir particulièrement décontracté, par conséquent étant particulièrement détendu, la personne handicappée pourra vivre pleinement la rencontre.
Contrairement à d’autres animaux, les dauphins ne se désintéressent pas des personnes qui ne réagissent pas ; ils continuent de leur manifester de la compassion. De plus ils ont un répertoire naturel et spontané de jeux que n’ont pas les autres animaux.
Avec un dauphin, échanges non verbaux, baisers, caresses, sourires et jeux peuvent être compris par le sujet. La rencontre entre le sujet et le dauphin permettra selon les réactions du premier, d’établir une première communication. Tous deux se rencontrent dans un monde de signes ou la communication se créée sans ambiguïté. En effet, l’animal semble empêcher la personne de se retirer dans son monde. Par sa présence il lui permet de projeter ses émotions et libérer ses angoisses.
Ainsi, pour la personne déficiente la découverte d’une forme de communication basée sur les sensations, les émotions et un silence non angoissant, devient une véritable source de réconfort. De plus, elle peut l’aider à améliorer ses relations avec autrui, grâce aux plaisirs qu’il retire de ces séances de détente et de jeux.
Ces rencontres sont donc basées sur l’émergence des émotions, les dauphins parvenant à établir une dynamique de communication. Jouer et nager avec eux, accompagner leurs mouvements fluides et doux, suivre leur rythme, les caresser, réveillent les capacités relationnelles et affectives du patient. D’ailleurs au contact de leur peau douce comme du satin, émane une surprenante sensation de tranquillité. D’intenses sensations de bien-être leur sont ainsi révélées.
Enfin, l’approche que l’ont peut avoir avec le dauphin, permet sensoriellement parlant, d’une part de bénéficier des nombreuses qualités de l’eau, mais aussi, d’autre part, de celles du dauphin. Tous les sens sont sollicités, c’est par le biais de ceux-ci, qui sont d’ailleurs similaires à ceux du dauphin que la personne va petit à petit rentrer en contact avec ce dernier.
