Le cheval, pourquoi ? par Amélie de Plinval

Le cheval reste à l’heure actuelle après le chien,  l’un des animaux domestiqués  les plus fidèle à l’homme, mais également comme l’évoque cette phrase bien connue qui résonne dans nos esprits « la plus noble conquête de l’homme c’est le cheval » disait Buffon : c’est ce que désire approcher la maison d’AZA association loi 1901 qui a ouvert ses portes depuis mars 2009.

A la maison d’AZA nous vous proposons au cours d’une journée d’aller la rencontre du cheval cet animal à la fois si mystérieux, si fascinant pour l’homme mais aussi impressionnant de part sa hauteur et sa fougue.

Fort de constater que le cheval depuis la nuit des temps a servi l’homme dans son quotidien, à l’heure actuelle il semble que la modernité et les performances des hautes technologies aient  volées la vedette à notre célèbre équidé. Pourtant il  n’en demeure pas moins une aide précieuse tant sur le plan psychoaffectif, que ludique ou pédagogique.

Il convient de se pencher maintenant sur les bienfaits réels et plus ou moins palpables que le cheval apporte à l’Homme dans sa dimension la plus précise, mais complète également c'est-à-dire corps, esprit et affect.

Lorsque l’on imagine un cheval, si domestiqué qu’il soit, il semble manifeste qu’il faille le replacer dans son contexte véritable mais surtout d’origine : la nature. En effet, l’équidé vit en troupeau avec des règles bien précises qui d’ailleurs ont fait et font l’objet d’études référencées sous le nom d’éthologie équine.

L’éthologie équine nous permet ainsi de comprendre d’une manière approfondie comment vit et se comporte notre fidèle destrier avant toute chose avec ses congénères mais également avec ses potentiels prédateurs que nous pouvons  être à leurs yeux.

Il existe donc pour cela de nombreuses règles que nous pourrions presque qualifier de bienséance fort utiles si nous ne désirons pas nous retrouver en position de dominé et risquer de manquer une belle rencontre. Celle-ci sera d’autant plus fructueuse que nous aurons eu à cœur de nous mettre à l’écoute de cet imposant animal qui peut pourtant se révéler  très craintif à notre égard.

La première étape de la rencontre et la meilleure par ailleurs se fait au pré ou à défaut au box. Si le cheval ne semble pas faire preuve d’une intelligence exacerbée il a en revanche une capacité mnésique fort surprenante qui contrecarre d’ailleurs la classique expression avoir une mémoire d’éléphant. Venir à sa rencontre sans précipitation et brusquerie ne pourra que fortifier les échanges. Ainsi, tout porte à croire que déjà le dialogue tonique imprimé par le langage du corps dans ces tout premiers instants  servira au  bon déroulement de la rencontre.

Le temps qu‘il convient d’allier à la rencontre ne peut qu’être un atout supplémentaire dans cet échange entre deux êtres qui à la fois sont si différents au premier regard et pourtant dans la manière d’évoluer en groupe se ressemblent tant.

Fort de ce que l’éthologie nous apprend, nous pourrons avoir à cœur de mettre en place d’interminables jeux pratiqués en liberté bien sûr.  Le cheval ayant accepté l’homme dans sa bulle imaginaire et l’homme ayant eu à cœur de comprendre son compagnon l’un et l’autre pourront donc jouer à communiquer et moduler de nombreux déplacements par la seule empreinte corporelle de l’homme vers le cheval. Ce travail en liberté nous amènera petit à petit vers la recherche de notre liberté. Mais bien sûr il ne s’agit pas de parler de liberté comme d’un sentiment de n’appartenir à personne et ainsi ne faire que ce que l’on désire, il faut plutôt se référer à une forme de liberté intérieure, celle qui tient sa source au plus profond du cœur, c'est-à-dire une liberté qui s’ancre à un niveau émotionnel et non matériel, ainsi tout champ d’action et de restauration de la personne est possible.

Se risquer à une comparaison fort audacieuse mais fort explicite dans ce cas précis nous ramènerai  à la fonction première de la mère face à son bébé. Ce que Donald W. Winnicott a clairement  bien  défini en tant que Protection maternelle infantile (PMP). Ainsi la manière dont nous allons nous occuper de notre monture dans les premiers instants conditionnera au mieux les possibilités de mettre un place une bonne relation.

Tous les sens sont mis en éveil et se doivent de l’être puisque le cheval ne parle pas le même langage verbal  que nous.  Cependant notre langage corporel ainsi que notre langage émotionnel peuvent en de nombreux points se rejoindre.

Prendre soin de son cheval avant de le monter apporte de nombreux bienfaits tant à l’animal qu’à celui qui s’en occupe. Le caresser, le toucher, le brosser, et prendre du temps à ses côtés permet au cheval d’établir une relation de confiance avec l’homme car c’est aussi un animal qui peut se révéler craintif. Tout comme la main peut caresser elle peut aussi frapper, et sa mémoire excellente ne le trompera jamais. Le moment du pansage permet aussi de vérifier qu’il n’y a pas de blessures, et c’est également une manière de masser le corps tout entier de notre équidé.

Mais lorsque l’individu prend ce temps de préparation auprès de sa monture il se trouve que dans un processus inconscient il se sert lui-même. En effet quoi de plus important que de prendre soin des autres, même s’il s’agit d’un animal, et bien au contraire d’ailleurs cela évite de multiples comparaisons et surtout un phénomène de transfert/contre transfert. Ainsi c’est en prenant soin de l’autre que la personne est en passe de s’occuper d’elle-même ou de réapprendre à le faire.

Si la personne est en mesure de monter à cheval mais surtout si elle en a le désir elle peut aussi retirer de nombreux bénéfices et bienfaits, qui peuvent être de toutes sortes. Ainsi celui de se sentir élevé pour quelqu’un qui est toujours rabaissé, être porté pour celui qui doit tout porter par lui-même, être d’une certaine manière écouté pour celui qui n’est jamais écouté…

Le cheval contrairement à l’homme ne juge pas, ne traite pas l’être humain en fonction de ses performances, de la rentabilité ou de son aspect extérieur. Il sera cependant sensible à la manière dont il sera choyé, dont il sera abordé et même face à une difficulté de caractère ou des peurs il sera à même de ressentir la difficulté de la personne qu’il a à ses côtés et s’adaptera en conséquence et ce de manière positive.

Pouvoir monter à cheval en pleine nature lorsque les possibilités le permettent, nous donnent encore un moyen de toucher de près une forme d’essentiel. Comme voir la nature évoluer au fil des saisons, aller à la rencontre de la faune qui se révèle à nous librement puisque l’odeur du cheval couvre celle du prédateur qu’est l’homme face aux cerfs chevreuils, lapins, renards et autres bêtes sauvages.

Il convient de souligner que monter à cheval peut donner à l’individu une certaine forme de toute puissance.  Dès lors qu’elle est incluse dans un contexte qui vise une restructuration de l’être, celle-ci pourra être qualifiée  alors de toute puissance positive. En effet être en hauteur par rapport au sol peut donner un sentiment d’être élevé et ainsi  le corps tout entier traduira ce sentiment. Pourtant les effets seront inopérants si l’on propose à l’individu de monter sur une chaise, une échelle ou dans un arbre.

Plusieurs explications peuvent être avancées quant à cette observation. La première consiste à prendre en considération l’image que le cheval peut renvoyer dans nos esprits. Très souvent il est associé à des mots tels que : force,  puissance,  vitesse, élégance… La seconde consiste à prendre en considération la notion d’attention porté à l’autre : une personne timide voir introvertie aura une attitude de fermeture corporelle qui ne peut aider à la communication et à la rencontre d’un homologue. Lorsque cette même personne se retrouve en situation de « dominer » lorsqu’elle est montée sur un cheval, les sentiments intérieurs changent alors et  son attitude devient tout autre. Ainsi elle peut s’ouvrir et regarder la personne de haut, les rôles, si je puis m’exprimer ainsi, sont inversés. En outre monter à cheval tonifie l’axe corporel or la bonne stature et un bon maintient de l’axe corporel sont autant d’éléments qui favoriseront  au mieux une bonne entrée en relation avec l’autre. Ce qui veut donc dire que le cheval permet une ouverture à la communication.

Si monter à cheval reste une pratique qui parfois peut-être difficile pour certains il est pourtant fort appréciable de constater qu’un même animal peut permettre de nombreuses pratiques sportives, de loisirs, de détentes ou tout simplement de compagnie. Ainsi nous pouvons retrouver de nombreuses disciplines comme le dressage, l’attelage, la voltige, le jumping, mais aussi le cross, le polo, le horse-ball, les courses, le cirque. Par ailleurs un cheval peut aussi passer paisiblement sa vie dans un pré et tenir compagnie aux personnes qui se plairont à admirer sa silhouette et le régaler de caresses en tous genres et multiples friandises.

La pratique de l’équitation si l’on se réfère à la notion essentiellement motrice se révèle être un sport  excessivement complet. Non seulement elle sollicite de nombreux groupe musculaires, tout particulièrement le dos et ainsi l’axe tête cou épaule qui est en quelque sorte la charpente du corps sera ainsi travaillée. Mais elle permet aussi de mettre en place une respiration juste et adaptée. De plus,  sa pratique permet une tonification de tout le corps,  ce qui permet par ailleurs de renforcer les défenses immunitaires et également une diminution du stress. Mais si tant de bienfaits sont retrouvés au niveau corporel il semble évident qu’ils se répercuteront sur le plan psychique également, puisque les deux sont intimement liés.

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